Dialogue direct oui, mais…

Publié le par Cheick Ahmadou Yacouba Sylla

LE DIALOGUE DIRECT OUI, MAIS...

 

 Monsieur le Président de la République,

   Héraclite a dit et je cite « si tu ne cherches pas toi-même l'inespéré, tu ne le trouveras jamais ».

 

   Vous m'excuserez, Monsieur le Président de la République, si j'ose vous rappeler ce que vous ne savez que trop : la Souveraineté et l'Indépendance ont des symboles non violables, non cessibles et non transposables. Et c'est le respect que les peuples ont pour la représentation de ces symboles qui fait leur grandeur.

 

   Au nom du peuple ivoirien dont vous incarnez les légitimes aspirations, je vous suggère d'engager le dialogue fraternel sur le territoire ivoirien qui, pour une fois, doit avoir l'honneur de rassembler tous ses enfants sous ses bras protecteurs. Il me semble impératif de faire de la terre ivoirienne le témoin exclusif d'un dialogue plus que jamais nécessaire.

 

   Chaque ivoirien a encore au travers de la gorge la gifle qui nous a été envoyée dans un club de rugby en territoire étranger. Cette disgrâce ne saurait se répéter sur un autre espace étranger au risque de porter une atteinte grave au mythe des symboles.

 

   YAMOUSSOUKRO, capitale de la Côte d'Ivoire, abrite la Fondation Félix Houphouët BOIGNY pour la recherche de la Paix. Le grand destin qui a été programmé pour notre pays puise sa force dans la recherche effrénée de la paix dans la solidarité, la sagesse et la convivialité. C'est ce qui fonde notre espoir. C'est aussi le gage de notre salut.

 

   Nous vous exhortons donc à explorer avec beaucoup plus d'attention la voie majestueuse de la dignité de la Côte d'Ivoire. Cela conférera à votre passage à la magistrature suprême une place marquée d'un sceau indélébile dans l'histoire.

 

   Si vous décidiez de retenir votre honorable pair, Président du FASO... pour présider le dialogue... ivoiro-ivoirien, nous ne ferions que vous rappeler que, aussi bien la personne physique que la personnalité politique de Blaise COMPAORE doit beaucoup à Félix Houphouët BOIGNY, chantre de la paix.

 

   Permettez-moi de vous suggérer d'offrir à Monsieur Blaise COMPAORE l'occasion de venir dans la capitale ivoirienne pour honorer la mémoire du Grand Fils de YAMOUSSOUKRO et matérialiser son adhésion à la philosophie du dialogue du charismatique HOUPHOUËT BOIGNY.

 

   Notre civilisation africaine ne peut pas continuer à être asphyxiée par un type de démocratie dite moderne qui est sensée tirer sa légitimité du développement humain et dont les anti-valeurs engendrent la pauvreté économique, sociale, culturelle et morale.

 

   Notre mémoire nous interpelle et nous rappelle. Monsieur le Président, que c’est à Lomé que le dossier de la crise ivoirienne vous a été retiré. Vous avez avec hauteur d’analyse transcender la conjuration …au point d’inviter notre peuple a accepté le médicament ‘’J’ASSUMERAI BÊTEMENT’’ du Primus Seydou DIARRA. Quatre (4) ans après vous faites le choix du dialogue direct... en toute souveraineté. Et tous les 

horizons extra-ivoiriens semblent vous apporter leur soutien pendant que les prières montent vers le ciel de toutes parts.

   Inch'Allah, Donnons toutes les chances de bonheur au dialogue dans la vérité et en vérité !

 

  Le peuple qui n'est pas amnésique aime bien le dialogue qui fait appel à la subtilité et à la nuance parce qu'il sait que la condition humaine est complexe. Nous nous souvenons de cet article paru le 21 janvier 2003 dans le journal « Le parisien » et où une célèbre déclaration vous prédisait un avenir devant le Tribunal Pénal International à la Milosevic. Ces échos bourdonnaient encore dans nos oreilles exercées lorsque la rumeur publique nous a parlé d'un film tragique dont le montage a eu lieu à OUAGADOUGOU.

 

   De grâce ! Gardons-nous de ces métaphores phraséologiques du politiquement émotionnel. Il n’existe pas de ’’MEDICAMENT DIALOGUE-DIRECT’’ spécifiquement Ivoirien.

 

   Que Dieu vous préserve de la gestion solitaire de la crise ivoirienne en inscrivant dans un programme très réduit vos déplacements hors du pays.

 

   Non à un Marcoussis-Faso bis... dialogue oui mais non à Marcoussis bis... au risque de programmer un Faso raté plus que certain…un dialogue ayant comme acteur le Président de tous les ivoiriens et ce, à Ouagadougou, point n'est besoin d'être médecin pour comprendre que l'épée 1721 ne cessera de planer au-dessus de votre tête et qu'elle fournira la marmite dans laquelle l'on préparera les ingrédients apprêtés par ceux qui « refuserons de céder de façon fatale aux exigences de.... » (Interview sur RFI du 25 janvier 2007)

 

   Dialoguer est une vertu, exorcisons le mensonge et son abîme d'hypocrisie. Monsieur le Président de la République de Côte d'Ivoire, seule la vérité, gratifiera votre quête obstinée de la paix dans la grandeur et comblera l’attente justifiée du peuple ivoirien. S’il vous plaît Monsieur le Président, faites un sondage circonstancié vous en aurez la preuve avérée.

 

   Oui au thé dialogue mais à consommer exclusivement à la Fondation Félix Houphouët BOIGNY pour la recherche de la paix à YAMOUSSOUKRO, Inch’Allah !

 

   Nous invitons fraternellement et spirituellement dans la case familiale, notre frère Charles KONAN BANNY, votre Premier Ministre, aux fins de sauvegarder l'humanité spirituelle du présent et du futur de vos relations fraternelles. Il est utile de faire reproche à son semblable mais fortement déconseillé de l'humilier.

 

   Que DIEU bénisse le dialogue entre les hommes civilisés et les peuples responsables afin de construire un monde fait de mieux-vivre, de mieux-être et de mieux prospérer dans la richesse spirituelle.

 

 

 Citoyennement vôtre.

 

 
                                                                                                          Abidjan, le 29 janvier 2007

 

 

 

 

 
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