Mon "père" Houphouët

Publié le par Cheick Ahmadou Yacouba Sylla

Mon « Père » Houphouët

  Vendredi 29 juin, tentative d’assassinat du Premier Ministre dans la forteresse franco-rebelle de Bouaké. Quelle que chose a titillé ma lecture de la déclaration de Mr Hubert Védrine ancien Ministre Français des affaires étrangères : « la transmission du flambeau par le Président Houphouët n’a pas été une réussite. » J’estime pour ma part que de toutes les condamnations fébriles de la tragédie de Bouaké, celle de la Francela France, qui unilatéralement en septembre 2002 a dénoncé les accords de défense de l’amitié franco-ivoirienne. Hélas ! est la plus hypocrite…
 

 La France ton épidermique amie a uriné sur ta richesse signature qui lui a offerte la Côte de l’Ivoire, de l’ébène et de l’or.

Nous récusons cette hypocrisie de la fantaisie diplomatique et refusons grandement de laisser insulter notre intelligence, notre dignité qui a de la mémoire pardi !

 

 « Père », dans cette étrange chose, « l’injustice » que tu as tant préféré au « désordre » ne cesse de me parler et de m’inviter de façon insomniaque en ce matin du 30 juin de 1h à 3h45 du matin dans la petite bibliothèque familiale de notre aventure partagée sur le dur chemin de la décolonisation. Notre dualisme et divergente approche m’immolait à tes yeux, tellement je faisais dans l’outrage de la liberté de penser.

 

 Ce message se veut bref dans son contenu, sommaire dans son contenant…si je te disais de quoi a résulté « l’injustice » qui est le correlaire du désordre persistant, qui, depuis septembre 2002  continu en ce jour du 29 juin de parapher sa morbide signature…« Père », tu m’en voudras d’avoir osé faire de la prévenance filiale…cela, dans la lucarne prémonitoire avant le 7 décembre 93.

 

 Au risque d’écorcher ton grand sommeil, je te rappelle notre première altercation en Octobre 1955 dans ton Appartement 20 Avenue Mac Mahon à Paris…et en Juillet 1960, après avoir rendu ma démission de l’Assemblée Nationale du Mali…souvenir de ce que me fera connaître et vivre Houphouët Ministre Français à travers la 5ème colonne. Laquelle 5ème colonne fera la planification, voire, la gestion de la future Côte d’Ivoire cheminant sur le rocher de l’Indépendance.

 

  

Si tu savais, mon cher « Père », ce que toi avec ton « Robert », Modibo avec son « Macalou » ce que vous vous disputiez à l’hôtel Mac Mahon, tu sauras ce que tu dois à ton ami cet après-midi du 3 janvier 1966 au Palais A l’ombre d’un Soufi…la salutaire présence spirituelle de mon Illustre géniteur, le charismatique Hamalliste Cheick Yacouba Sylla  a su contenir et taire les pulsions volcaniques de ma parole désireuse de vomir le trop plein de ton « INJUSTICE » qui pourfendait mon épouse et moi dans une accusation inacceptable.

 Le constat de Hubert Védrine est l’attestation du vécu douloureux de notre Peuple depuis le 24 décembre 1999 dans le désordre quantifié, l’assassinat avéré, le crime insolent et le banditisme arrogant.                                                                                               

 

  « Père » Houphouët, tu étais pourvu d’un don, celui de pouvoir maîtriser tes ressentiments, de savoir les couver dans le temps, faisant subtilement la conjugaison de la fraternité et de la confiance dans une approximative affection en attendant Que…

 

 Sous la Tente sahélienne de ton amitié avec mon Père Yacouba Sylla, faisant dans le politiquement subjectif, tu possédais la tranquille assurance de détester ma fidélité à l’Ascèse Spirituelle du Hamalliste du défi et du refus.

 

 Ton épreuve silencieuse m’apparaît épouvantable et tu souffrais de ce fils communiste selon la dictée du Réseau.

 

 Ma sérénité Dieu merci, fut inébranlable en ce sens que la belle figure de l’Hamalliste du déporté en 1930 à Sassandra ressourçait mon esprit, ma raison et mon cœur dans l’océan de la vérité. L’équation du culte de la personnalité, sorte de vaporisateur aliénant la liberté de penser et le libre arbitre est une atteinte au fondement de ma liberté d’aimer Dieu dans le firmament de la foi.

 

Je t’aimais à ma manière, mais ta lecture ésotérique de : Hampaté Bâ, Djily MBaye et du Très célébrissime Seydou Nourou Tall que somptueusement tu as décoré dans l’Ordre National Ivoirien, ne t’offrait pas le loisir de la moindre inclination d’attention paternelle. Et pourtant, est considérable mon amour filial, enrobé dans la fascinante admiration pour le « Bélier » du RDA. Tu me faisais souffrir et ma souffrance a respecté ton grand secret…secret inviolable, qui sera pour mon frère Augustin Houphouët et moi, notre Chemin de Damas.

 

 La Tragédie ivoirienne interpelle mon Tapis de prière… mais surtout, l’Ordonnance spirituelle de mon distingué Hamalliste de Père. Inch’Allah, la Côte d’Ivoire, le Peuple Ivoirien ne continuerons pas de souffrir des ennemis de la paix et de la bêtise humaine.

 

Ma douleur capitale (cf A l’ombre d’un Soufi) a trouvé dans la souffrance du Peuple Ivoirien, un Peuple grand dans la foi, digne dans la certitude, son éclairage diluant : « Nous sommes ce que nous sommes…nous ne nous culpabiliserons pas pour ce que nous ne sommes pas et ne savons pas ».

 

   La foi engrange notre Elévation de prière. Dieu merci.

 

  Seule la Cause du divin vaut d’être vécue.
 

 Gloire à Dieu !!!

  Ton fils, Ahmadou.
 

Abidjan, le samedi 30 juin 2007

 

 



 
 
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article